Patmos (fragmento)


Nah ist
Und schwer zu fassen der Gott.
Wo aber Gefahr ist, wächst
Das Rettende auch.


Friedrich Hölderlin



martes, 10 de mayo de 2011

Marceline Desbordes-Valmore (Francia, 1786-1859): Un poema y una nota de Baudelaire

Les roses

L'air était pur, la nuit régnait sans voiles ;
Elle riait du dépit de l'amour :
Il aime l'ombre, et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour.

Tout s'y trompait. L'oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l'heure des concerts ;
Et les zéphyrs, surpris de ce ramage,
Plus mollement le portaient dans les airs.

Tandis qu'aux champs quelques jeunes abeilles
Volaient encore en tourbillons légers,
Le printemps en silence épanchait ses corbeilles
Et de ses doux présents embaumait nos vergers.

Ô ma mère ! On eût dit qu'une fête aux campagnes,
Dans cette belle nuit, se célébrait tout bas ;
On eût dit que de loin mes plus chères compagnes
Murmuraient des chansons pour attirer mes pas.

J'écoutais, j'entendais couler, parmi les roses,
Le ruisseau qui, baignant leurs couronnes écloses,
Oppose un voile humide aux brûlantes chaleurs ;
Et moi, cherchant le frais sur la mousse et les fleurs,

Je m'endormis. Ne grondez pas, ma mère !
Dans notre enclos qui pouvait pénétrer ?
Moutons et chiens, tout venait de rentrer.
Et j'avais vu Daphnis passer avec son père.

Au bruit de l'eau, je sentis le sommeil
Envelopper mon âme et mes yeux d'un nuage,
Et lentement s'évanouir l'image
Que je tremblais de revoir au réveil :

Je m'endormis. Mais l'image enhardie
Au bruit de l'eau se glissa dans mon coeur.
Le chant des bois, leur vague mélodie,
En la berçant, fait rêver la pudeur.

En vain pour m'éveiller mes compagnes chéries,
En me tendant leurs bras entrelacés,
Auraient fait de mon nom retentir les prairies ;
J'aurais dit : " Non ! Je dors, je veux dormir ! Dansez ! "

Calme, les yeux fermés, je me sentais sourire ;
Des songes prêts à fuir je retenais l'essor ;
Mais las de voltiger, (ma mère, j'en soupire,)
Ils disparurent tous ; un seul me trouble encor,

Un seul. Je vis Daphnis franchissant la clairière ;
Son ombre s'approcha de mon sein palpitant :
C'était une ombre, et j'avais peur pourtant,
Mais le sommeil enchaînait ma paupière.

Doucement, doucement, il m'appela deux fois ;
J'allais crier, j'étais tremblante ;
Je sentis sur ma bouche une rose brûlante,
Et la frayeur m'ôta la voix.

Depuis ce temps, ne grondez pas, ma mère,
Daphnis, qui chaque soir passait avec son père,
Daphnis me suit partout pensif et curieux :
Ô ma mère ! Il a vu mon rêve dans mes yeux !


Marceline Desbordes-Valmore (Francia, 1786-1859)


Fragmento de "El Arte Romántico", por Charles Baudelaire.
Traducción de Nydia Lamarque, 1º edición, 1961, México, Editorial Aguilar.



(...) Si el grito, si el suspiro natural de un alma escogida, si la desesperada ambición del corazón, si las facultades súbitas, irreflexivas, si todo cuanto es gratuito y viene de Dios bastan para hacer al gran poeta, Marceline Valmore es y será siempre un gran poeta. Es cierto que si nos tomamos el trabajo de señalar todo lo que le falta de cuanto puede adquirirse por el estudio, su grandeza quedará singularmente disminuida; pero en el mismo momento en que uno se siente más impaciente y desolado por la negligencia, por el estorbo, por lo turbio, que uno toma, uno, hombre reflexivo y siempre responsable, por un resultado de la pereza, se yergue una belleza súbita, inesperada, sin par, y henos ahí arrastrados irresistiblemente hasta el fondo del cielo poético. Jamás poeta alguno fue más natural; ninguno fue jamás menos artificial. Nadie ha podido imitar ese encanto, porque es completamente original y nativo.
Si alguna vez un hombre deseó para su mujer o su hija los dones y los honores de la Musa, no ha podido desearlos de otra naturaleza que los que fueron acordados a la señora Valmore.

(...) De modo que la señora Valmore ha encontrado en su misma sinceridad su recompensa, es decir, una gloria que creemos tan sólida como la de los artistas perfectos. Esa antorcha que agita a nuestros ojos para iluminar los misteriosos boscajes del sentimiento, o que posa, para reavivarlo, sobre nuestro más íntimo recuerdo, amoroso o filial, esa antorcha la encendió ella en lo más hondo de su propio corazón. Víctor Hugo ha expresado magníficamente, como todo cuanto él expresa, las bellezas y los encantos de la vida de familia; pero sólo en las poesías de la ardiente Marceline encontraremos ese calor de nidada materna, de la qué algunos hijos de la mujer, menos ingratos que los, otros, han conservado el delicioso recuerdo. Si no temiera que una comparación demasiado animal fuera tomada como una falta de respeto para con esta mujer adorable, diría yo que encuentro en ella la gracia, La inquietud, la flexibilidad y, la violencia de la hembra, gata o leona, apasionada de sus cachorros.

http://www.taringa.net/posts/arte/1591038/Marceline-Desbordes-Valmore.html

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